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L'Opéraphone de la Comédie Saint-Michel révèle des divas enchanteresses !

Actuellement présenté à la Comédie Saint-Michel, L’Opéraphone ou le gramophone enchanté des deux sopranos Marie Nicot et Anne-Sophie Honoré est un spectacle musical jeune public d’une qualité remarquable. Trame très bien ficelée, rythme soutenu, jeu théâtral pleinement abouti et extraits d’opéras maîtrisés de bout en bout : espérons qu’un grand nombre de petits spectateurs croisent un jour les grandes divas Pénélope et Rosalie.

D’un site web de financement participatif à une nomination aux P’tits Molières, Marie Nicot et Anne-Sophie Honoré ont fait du chemin. Mais quand on sait le parcours de l’une comme de l’autre (pédagogues, Anne-Sophie Honoré a obtenu un Master au CNSMDP en se spécialisant dans le spectacle jeune public, alors que Marie Nicot est diplômée de la Ville de Paris en Éducation Musicale), on se dit surtout que ces deux artistes sont incontestablement faites pour ce genre de spectacles. Non seulement elles sont loin d’être des chanteuses lyriques de « seconde zone » (elles interprètent aussi toutes deux les grands rôles d’opéra au sein d’institutions réputées), mais en se produisant chaque samedi pour les petits mélomanes, elles ont surtout l’audace de se confronter à un public très exigeant. À l’Opéra de Paris, les manifestations de désapprobation ne viennent en principe qu’au moment des saluts par de violentes huées et autres signes de reproche ; à la Comédie Saint-Michel, la réaction des enfants est immédiate, entre chuchotements, fatigue, et/ou pleurs d’ennui comme d’incompréhension.

Mais quand Pénélope (Anne-Sophie Honoré) descend de scène pour caresser de son boa à plumes chaque petit menton, ce sont des regards médusés et des airs captivés auxquels elle fait face. Attentifs de l’entrée en scène des deux divas jusqu’au dénouement final, le public du jour montre son intérêt par un silence total, ponctué par de francs éclats de rire et une participation immédiate à l’énigme proposée en cours de spectacle.

C’est que l’histoire de Pénélope et Rosalie est brillamment ficelée pour embarquer les petits comme les grands. Prêtes pour un récital de chant lyrique qu’elles tentent de débuter par le célèbre duo de Purcell Sound the Trumpet, les deux sopranos ont perdu leur pianiste Ludwig que l’on retrouve emprisonné dans un gramophone enchanté comme le génie d’Aladin dans la lampe merveilleuse. Pour le sortir de ce mauvais pas, et afin de commencer le tour de chant au plus vite, Pénélope et Rosalie extraient régulièrement de la vieille valise de Ludwig des accessoires qui pourraient aider à sa libération (que l’on soit Mary Poppins, Joséphine, ou Pénélope et Rosalie, le coup du sac magique cachant une multitude de choses improbables fonctionne toujours !). Chacun d’entre eux permet de maintenir un rythme soutenu, un renouvellement constant de la trame initiale par une succession de rebondissements, des divagations rocambolesques et drôles, mais surtout des airs d’opéras : L’Air des bijoux de Marguerite (Faust, Gounod) lorsque les deux jeunes femmes font apparaître d’exubérants colliers de perles, le duo des cartes de Frasuita et Mercedes du Carmen de Bizet lorsqu’elles révèlent le tarot magique de Ludwig (qui n’est en fait que celui de sa grand-mère !), Una Voce Poco Fa du Barbier de Séville de Rossini pour des chaussures à paillettes et talons vertigineux qui font pâmer d’envie les demoiselles… Mais quand elles se disputent et déchirent la robe de Cendrillon, Ludwig les transforme non en grenouilles comme recommandé par la petite Arielle au premier rang, mais bien en félins pour un duo des chats de Rossini loufoque à souhait. C’est enfin une évidence : le xylophone découvert dans le sac magique est la clé pour libérer le pauvre Ludwig enfermé depuis bientôt trois-quarts d’heure. Après un bref cours de respiration, quelques exercices pour chauffer sa voix, et l’apprentissage de la mélodie à l’aide du petit instrument, le chœur des clochettes de La flûte enchantée de Mozart est entonné par toute la salle

Mais il ne faut pas croire que là est l’essentiel du spectacle : la qualité des interprétations musicales fait aussi merveille. La diction est nette, les effets vocaux variés, les nuances et les intentions travaillées, la projection savamment dosée pour s’adapter au mieux à cette petite salle, révélant ainsi qu’au-delà d’un jeu théâtral parfaitement abouti, Marie Nicot et Anne-Sophie Honoré sont aussi de belles chanteuses lyriques.

C . Saulneron

Deux sopranos attendent l'arrivée du pianiste pour commencer leur concert, en vain. L'instrumentiste se trouve coincé dans le gramophone, enfermé à l'intérieur avec son piano par quelque mauvais génie. Seule une formule magique peut le délivrer...

Une intrigue fantaisiste, que les deux chanteuses portent avec une énergie joyeuse. Tout au long de leur quête, elles puisent dans un grand sac, façon Mary Poppins, des accessoires (bijoux, robes, fleur...) qui leur donnent l'occasion d'interpréter différents duos d'opéra : l'air des bijoux dans le Faust de Gounod, le duo des chats de Rossini ou celui des fleurs de Delibes.

 

Un spectacle pour découvrir à la fois l'étonnant instrument que forme la voix et quelques grands airs de l'art lyrique.

Un grand succès à guichet fermé

le 12 novembre 2016 au festival lyrique de Mâcon

Les Symphonies d’automne

                                      Extrait du journal Mâcon info :


                            « L’opéra pour les enfants, ça marche à merveille !


Cet après-midi, sur la scène du club de jazz Crescent, deux jeunes sopranos ont chanté dans un spectacle créé par elles mêmes : « Opéraphone ou Le gramophone enchanté ».


Anne-Sophie Honoré et Marie Nicot se sont rencontrées il y a 5 ans au concours de chant lyrique de Mâcon. Et c’est grâce à cette rencontre que le spectacle a vu le jour finalement comme l’explique Marie Nicot : « C’était notre premier concours. On s’est bien entendues, on a beaucoup rigolé et puis on ne s’est pas revues un temps. On s’est rencontrées de nouveau sur une production d’opéra à Paris et moi j’avais l’idée de faire un spectacle d’opéra avec un gramophone. J’en ai parlé à Anne-Sophie et nous avons créé cette histoire en avril dernier. »


Le format jeune public était un autre objectif du projet : « L’idée c’est de démocratiser un petit peu l’opéra, de faire quelque chose de rigolo, ludique et de le dépoussiérer un petit peu. Donc on a créé des personnages amusants, un peu comme des héros de BD et puis dedans on chante des grands airs d’opéra. L’idée c’est que les gens viennent voir de l’opéra comme ils viennent voir n’importe quel autre spectacle. On a aussi pour projet de jouer dans la rue, de faire des happenings dans d’autres lieux que les théâtres, ce matin on a joué à la médiathèque par exemple. Envahir l’espace public avec de

l’opéra. »


Le spectacle a enthousiasmé le public mâconnais de tous les âges qui avait rempli la salle de concerts du Crescent. »


Cristian Todea